Capsule historique #18 | Thomas Fecteau : une légende vivante

Thomas Fecteau a bouclé la boucle. Né à Sainte-Marie au cœur de cette pépinière de grands pilotes, il est aujourd’hui de retour à Sainte-Marie après un parcours exceptionnel. Il rapporte des souvenirs à la tonne, mais plus important encore, il rapporte une sagesse et une grande sérénité, cet homme au cœur d’or.

À 12 ans, un bon dimanche après-midi, il fait un tour d’avion au-dessus de son village, son oncle est aux commandes. C’est le coup de foudre, il sait ce qu’il fera dans sa vie, il pilotera des avions. Et il en a piloté de toutes sortes!

En 1947, au sortir de la deuxième guerre mondiale, il joint son oncle à Senneterre en Abitibi. L’entreprise de son oncle manque de pilotes et le jeune beauceron veut apprendre. Il a 19 ans, son premier brevet de pilote en poche. Il devient alors pilote de brousse. C’est une époque où les cartes sont peu précises, il n’y a pas de GPS, pas d’information météo, pas de communication radio avec la base, peu ou pas d’instruments de vols. Qu’à cela ne tienne, c’est si grisant de voler, de voir le monde comme si on était le bon Dieu.

Aux commandes de son légendaire Norseman, il ravitaille les communautés autochtones, il transporte des prospecteurs miniers. Il apprend, il apprendra toute sa vie. Il aime être au service des gens, il a le sens du devoir, un bon jugement, il est habile et un peu téméraire sur les bords, il faut l’être pour accepter de voler à vue et à l’estime, seul aux commandes d’un monomoteur, dans un territoire ponctué de milliers de lacs qui se ressemblent tous, par quatre saisons.

C’est en Abitibi qu’il rencontre l’amour de sa vie : Françoise Gaudreau. Leur voyage de noces se passe au nord du 48e parallèle, dans une tente aux abords d’un lac, pour eux c’est le paradis.

Thomas Fecteau a été l’un des pionniers de l’extinction des feux de forêts avec les avions Canso. « Il faut toucher l’eau au bon moment, savoir redresser à temps, voler à basse altitude, survoler les flammes, être prêt à risquer sa vie à tout moment ».

En 1955, Thomas Fecteau devient pilote chez Québecair. En 1960, sous le gouvernement Lesage, un service aérien gouvernemental est créé. Qui de mieux pour en devenir le chef pilote que Thomas Fecteau. Il demeurera à ce poste pendant 24 ans. Il aura maintes fois l’occasion de faire la promotion du français dans les airs.

Il aura été pilote pendant 37 ans, il aura vécu presque quatre décennies de transformations de l’aviation, des biplans aux avions à réaction.

En 1986, il accède à une retraite bien méritée. Il se consacrera à la sylviculture en homme d’action qu’il a toujours été.

Co-auteur avec sa femme de l’ouvrage intitulé Au-delà du 48e parallèle, mémoires d’un pilote de brousse, Thomas Fecteau a voulu laisser un legs particulier à Sainte-Marie. En prenant une marche dans le vieux Sainte-Marie, vous noterez à la gauche du perron de l’église un monument dédié aux mères oubliées. C’est à la mesure de la grandeur d’âme de cet homme unique. L’un des nôtres, un Mariverain d’exception.

Par Raymond Beaudet

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