Capsule historique # 12 | Voitures à chevaux

Quand on parle de Sainte-Marie à Québec ou à Montréal, on associe immanquablement notre municipalité à deux symboles : les inondations et les petits gâteaux Vachon. Les mille-feuilles, rosettes, Jos-Louis et compagnie ont marqué la mémoire collective. À une époque antérieure la renommée de Sainte-Marie s’exprimait de façon différente.

À la fin du dix-neuvième siècle, Sainte-Marie est réputée dans tout l’est du Québec pour ses voitures à chevaux. Voitures fines, d’été ou d’hiver, véhicules de promenade, carrioles, cutter, nommez-les, les meilleures sont fabriquées à Sainte-Marie.

Dès 1879, Thomas Carette débute la construction de voitures à chevaux à Sainte-Marie. En 1891, on compte six ateliers de fabrique de voitures à chevaux. En 1898, on en compte huit. C’est plus d’une voiture par jour qui est fabriquée à Sainte-Marie. La livraison s’effectue jusqu’au Lac Saint-Jean. Dans ce cas précis, c’est l’affaire de quelques jours. Deux hommes partent avec deux voitures à cheval, la neuve et une autre pour revenir et ils effectuent le trajet jusqu’au Lac Saint-Jean.

En 1898, il y a deux fonderies spécialisées qui fournissent les voituriers en pièces de métal pour la construction des voitures. Les ateliers sont ceux de Maurice Huot, Gustave Faucher, John Melady, Ludger Bilodeau, Taschereau Bilodeau, Edmond Gagné, Charles Landry, Thomas Drouin et Louis Audet.

L’expertise locale est reconnue à la grandeur du Québec. Les habitants fournissent les bois d’érable et de merisier qui sont utilisés pour la fabrication des voitures. Les scieries locales débitent le bois qui est ensuite mis à sécher.

Mais qui dit voitures de qualité parle nécessairement de montures de calibre également. Les éleveurs de chevaux à Sainte-Marie sont nombreux. On est prêt à payer une somme considérable pour un cheval rapide Qui dit cheval de grande valeur dit vitesse et endurance et quoi de mieux pour attester de ces qualités que des courses?

Des courses de chevaux se tenaient sur la route principale avant l’aménagement de circuits plus spécialisés. En 1868, le conseil municipal passait un règlement pour interdire les courses de chevaux sur la rue principale, entre la route Carter et les premiers arbres du bocage, en bas de la chapelle Sainte-Anne. La peine pour les contrevenants était de 20 $ d’amende ou 10 jours de prison.

Les courses de chevaux étaient associées aux paris et à la consommation d’alcool. En 1879 des amateurs viennent de Québec en train pour assister aux courses de chevaux à Sainte-Marie.

En 1890, les courses se tiennent en alternance à Saint-Joseph, Sainte-Marie et Parkhurst (Saint-Patrice). Charles Barbeau, éleveur de chevaux de Sainte-Marie, lance des défis aux autres compétiteurs, dans les journaux, avec son célèbre étalon Almonte.

En 1892, il y a un champ de course officiel chez France Gagnon. La moitié des profits sont remis à la fabrique, pour calmer le curé…

Par Raymond Beaudet

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