Capsule historique # 11 | Les ponts de Sainte-Marie

Traverser la rivière, que l’on soit à pied, à vélo, en auto, en motoneige, en quad, en autobus, en camion, est devenue la chose la plus simple du monde. Deux ponts enjambent la rivière et sont ouverts à l’année. On ne pense même plus à le signaler, mais la traversée est gratuite.

À Sainte-Marie c’est seulement depuis 1929 que l’on peut traverser la rivière gratuitement. Mis à part, bien évidemment, à bord de son propre canot, creusé dans un gros pin comme il s’en trouvait partout à l’époque, à la nage, sur la glace ou à gué. Un passage à gué près de l’île Perrault était d’usage courant pour accéder au premier moulin à farine près de la rivière Vallée (près de l’actuel club de golf). Il y eut une autre traverse à gué du côté du trou de la Bisson.

Mais les traverses à gué n’étant pratiques qu’en été lorsque l’eau est très basse, plusieurs services de bac fonctionnèrent à Sainte-Marie dès le dix-huitième siècle.

La première trace d’un projet de pont remonte à 1818. C’est donc dire que Sainte-Marie a officiellement existé pendant 75 ans sans disposer d’un pont sur la rivière Chaudière. François Verreault obtient la permission du gouvernement de construire un pont à péage à ses frais. Soutenu par divers actionnaires dont Philippe Aubert de Gaspé, le curé Villade, Jean-Thomas Taschereau et d’autres, il trouve un entrepreneur aux États-Unis pour en entreprendre la construction. À l’hiver de 1820, le chantier avançait bien, on était sur le point de joindre les deux travées quand le pont s’écroula, tuant du coup quatre ouvriers.

Les bacs reprirent du service. La municipalité donnait un permis exclusif pour l’opération d’un bac. Les tarifs étaient décrétés au conseil municipal. Les entrepreneurs se succédèrent fréquemment à la tête de cette aventure avant d’aboutir en 1842 aux mains de la famille Morissette qui l’opéra de père en fils pendant plus de 75 ans.

En 1848, les Morissette remplacèrent leur bac par un pont démontable installé sur des chevalets pendant l’été. Ce pont démontable fut à son tour remplacé en 1885 par un premier pont permanent en bois, érigé aux frais de Joseph Morissette. La traversée était gratuite pour les convois funèbres, les écoliers et les gens qui allaient à l’église.

Au printemps 1896, ce n’est pas moins de 20 ponts sur la Chaudière et l’Etchemin qui sont emportés par la crue des eaux, dont le tout premier pont permanent de Sainte-Marie. Le bac reprit du service une nouvelle fois. Par la suite, George Morissette fit construire, à ses frais, un premier pont en acier qui fut inauguré en 1898.

En 1916, le conseil municipal entreprit des démarches pour doter Sainte-Marie d’un pont « libre » où la population n’aurait plus à payer. En 1917, le pont était acheté par la municipalité pour la rondelette somme de 8 000$. Enfin finis les péages pour traverser la rivière!

Le 31 juillet de la même année, le pont « libre » est emporté à son tour par l’inondation. Les bacs reprennent encore une fois du service.

Un nouveau pont de fer est construit dès 1918 au coût de 50, 596,40 $ À noter qu’il est interdit de laisser trotter les chevaux sur le pont!

L’actuel pont date de 2014. Sa construction ne fut pas chose aisée.

Par Raymond Beaudet

Commentaires 1

  1. En effet, j’ai été impliqué dans ce dossier et ça n’a pas été de la tarte!

    Un projet farfelu n’attendait pas l’autre et on prononçait les pires pronostics si le pont passait devant l’église, ce qui pouvait risquer de fragiliser sa structure.

    On oubliait cependant que pour avoir accès au pont existant, il fallait longer le côté est de l’église, sur sa longueur, et tourner à droite, direction ouest, pour longer le presbytère et le monastère des soeurs de Béthanie. Mais ça, ce n’était pas grave ;-).

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