Capsule #8 | Les traditions perdues

Les coutumes et les traditions évoluent. Ce qui nous paraissait normal il y a un siècle peut nous sembler absurde, et l’inverse.

Une tradition perdue, celle du pain béni. Nos pères disaient encore « Ambitionne pas sur le pain béni ». Faut savoir qu’à tous les dimanches une famille était chargée d’apporter des pains, des vrais, qui étaient bénis, séparés et offerts aux assistants dans un rituel bien précis.

Les pains, comportant parfois plusieurs étages, étaient mis sur un brancard à l’avant de l’église avant d’être bénis, puis on les apportait à la sacristie où ils étaient coupés. L’entame et quelques beaux morceaux étaient réservés pour les dignitaires : curé, Seigneur, marguilliers, chantres, donateurs, amis et voisins. Il va sans dire que la taille et la qualité des pains faisait l’objet de comparaisons. Il y avait aussi parfois des gâteaux qui accompagnaient les pains offerts par les paroissiens les plus fortunés. Ces gâteaux s’appelaient des cousins.

On distribuait le pain au credo. On recevait son morceau de pain béni dans son missel ouvert. On y goûtait et on mettait le reste en réserve pour les enfants plus jeunes demeurés à la maison.

Le Seigneur de Sainte-Marie se réservait le privilège d’offrir le pain béni à l’occasion de la fête du Saint Nom de Marie en septembre de chaque année.

La coutume a été abandonnée en 1875 suite à des scandales et même à des procès entourant la distribution du pain béni.

Parmi les traditions perdues, il y a aussi les processions pour enrayer la propagation des sauterelles, des chenilles ou de tout autre insecte. Il y a eu aussi les interventions pour contrer le feu et les inondations. Il y avait aussi les reposoirs, le mois de Marie, la Fête-Dieu, les Rogations, les croix de chemin… Les crieurs publics. Il y a eu des grandes messes chantées pour contrer le tonnerre, la grêle, les bêtes à patate, les mouches à vache… Avant, il y avait la plantation du Mai et la collecte du cens par le Seigneur à la Saint-Martin.

En 1818, la Milice locale participait à la procession. Tambours, commandements et salves de fusils étaient de la partie.

Dès 1911, on organise une procession préventive contre tous les fléaux affectant les cultivateurs, leurs troupeaux et leurs récoltes, Elle se tenait en juin de chaque année. La cérémonie commençait par une messe chantée à la chapelle Sainte-Anne pour les biens de la terre. Puis, tout le monde montait dans sa voiture attelée. La voiture de tête portait une croix noire. La seconde était celle du curé qui bénissait les maisons et les champs. Enfin, la population suivait en récitant le chapelet. On montait la route Chassé, le rang St-Gabriel et on redescendait par la route Carter.

En 1929, progrès oblige, on commence la bénédiction des automobiles, il y aura aussi la bénédiction des bicyclettes, des tricycles, des motos…

Il y a eu aussi des processions en chaloupe à l’occasion de la neuvaine de Sainte-Anne entre 1928 et 1936. On se souviendra du naufrage de la chaloupe de Mgr Pelletier qui mit fin à cette pratique.

Par Raymond Beaudet

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