Capsule #6 | Épidémies à Sainte-Marie

Différentes épidémies ont frappé Sainte-Marie au fil de ses 275 années d’histoire. Il y a eu la grippe espagnole en 1928, le typhus en 1917 et la diphtérie en 1900. La période la plus durement touchée fut sans contredit le début du dix-neuvième siècle.

En 1829, la petite vérole arrive à Sainte-Marie, on organise en toute hâte une campagne de vaccination pour tenter d’enrayer le mal. C’est trop tard, en 1830 la paroisse enregistre 232 décès.

En 1832 c’est le choléra qui fait son apparition à Sainte-Marie. L’été 1832 sera particulièrement meurtrier, il emportera 16 personnes. Il y aura un autre épisode en 1834 avec neuf décès. Quelques cas seront recensés, quelques années plus tard, mais le pire sera passé. Les personnes atteintes du choléra meurent dans un temps très court. Certaines personnes sont retrouvées mortes dans leur voiture à cheval. Elles avaient quitté la maison sans ressentir de mal. Au total il y aura 27 décès à Sainte-Marie du choléra. On retrouve des adultes de tous les âges, et aussi, des enfants.

Pas question d’ensevelir les personnes décédées du choléra dans le cimetière qui, à cette époque, est encore situé tout juste à côté de l’église. On creuse alors des fosses, en vitesse, sur un terrain à l’écart du village. On n’entre même pas les dépouilles mortelles dans l’église pour un service religieux. On roule les cadavres dans un drap et on s’empresse d’aller les ensevelir dans le cimetière spécial.

En 1900, alors que l’on s’emploie à remplir le grand marais du Parc Taschereau, avec du sable pris dans le haut de la rue Saint-Étienne, sur le coteau à droite du jardin du notaire Pelchat, on découvre le cimetière des cholériques. Peu de temps après, on exhume 27 squelettes qu’on transportera dans le cimetière de Notre-Dame sud.

La question de la qualité de l’eau potable revient constamment dans l’histoire de Sainte-Marie. Il faut savoir que le premier aqueduc date de 1892. Les tuyaux étaient alors en bois de sapin. Il en coûtait 8$ par année pour s’abonner, $9 si on avait des animaux. Les tuyaux gelèrent le premier hiver. Les tuyaux de sapin furent remplacés par des tuyaux en fonte en 1896. La quantité d’eau s’améliore plus vite que la qualité. C’est encore mieux que d’aller puiser son eau dans la rivière où l’on retrouve à l’occasion des carcasses d’animaux morts, gracieusetés des gens d’en haut!

En 1917, après les inondations monstres de l’été, les fièvres typhoïdes font des ravages dans la population. Dans le but s’assainir le village, le bureau d’hygiène provincial prend deux mesures draconiennes: il ordonne au collège et au couvent de Sainte-Marie de se doter d’un égout souterrain menant directement à la rivière et de fermer les toilettes extérieures attenantes à la salle publique.

Les premières tentatives pour doter Sainte-Marie d’un réseau municipal d’aqueduc remontent à 1919. Un référendum tenu sur le sujet a rejeté le projet. Les aqueducs privés fleuriront jusqu’en 1939 où Sainte-Marie se dotera enfin de son premier aqueduc municipal.

On n’arrête pas le progrès!

Par Raymond Beaudet

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