Capsule #1 | Sainte-Marie en pleine zone inondable, pourquoi?

Sainte-Marie est située en pleine zone inondable, les débordements de la rivière Chaudière ne se comptent plus. Il y en a au printemps à la fonte des neiges, il y en a aussi occasionnellement à d’autres saisons. Nous en avons vus en plein hiver, en été, en automne. Pourquoi avoir choisi un endroit aussi vulnérable?

Revenons un instant en 1738 alors que Thomas-Jacques Taschereau obtient la Seigneurie de Sainte-Marie. L’acte de concession lui octroie huit milles de long des deux côtés de la rivière. Pourquoi installer son manoir en pleine zone inondable? Près d’un marais?

Plusieurs personnes se sont posé la question, les éléments de réponse sont les suivants :

En premier lieu, la voie d’accès quand on part de Québec, à cette époque, c’est la rivière Chaudière, avec ses tronçons canotables et son réseau de portage pour éviter les eaux agitées.

En second lieu, la rivière représente également un imposant garde-manger, il est possible d’y pêcher plusieurs espèces de poissons comestibles. Plusieurs oiseaux migrateurs s’y arrêtent.

En troisième lieu, il faut trouver des espaces non boisés pour pouvoir nourrir rapidement les bêtes quand on veut coloniser une terre nouvelle. Samuel de Champlain fonde Québec le 3 juillet 1608. Il s’empresse dans les jours qui suivent de faire les foins au Cap Tourmente où il y a une zone non boisée, couverte d’herbages que les ruminants apprécient. Il en est de même à Sainte-Marie avec les herbages des marais et des bas-fonds. En effet, la plaine inondable n’est pas boisée comme la forêt qui recouvre les coteaux. C’est de la terre facile à défricher et à ensemencer.

En troisième lieu, la proximité de la rivière Chassé, longtemps appelée la rivière du domaine. Une rivière est nécessaire à l’établissement d’une seigneurie. Voyons pourquoi. Le Seigneur a l’obligation de mettre à la disposition de ses censitaires un moulin à farine. Ce moulin a besoin d’énergie pour opérer, l’énergie sera fournie par le cours d’eau; de même pour un moulin à scie et un moulin à carder. Ce petit cours d’eau à proximité représente également une source d’eau potable.

En quatrième lieu, les inondations étaient peut-être moins violentes au dix-huitième siècle qu’aujourd’hui. Les coteaux étaient encore bien boisés, les terres non drainées, les espaces asphaltés inexistants, les égouts pluviaux encore impensables.

S’établir près de la rivière, c’était s’assurer un accès facile aux voies de communication et aux voies d’approvisionnement.

Dans la petite histoire on raconte que le 9 octobre 1773, les habitants de Sainte-Marie ont ramassé leur blé en canots sur la rivière, la montée subite des eaux ayant emporté toutes les gerbes qui séchaient dans les bas-fonds.

 

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